Coup de coeur documentaire

Passés par la case prison (Observatoire international des prisons / La Découverte, 2014) > dispo ?

prisonMarie-Hélène est coiffeuse. Christophe anime un jardin partagé à cinquante mètres de la cité de son enfance. Sacha termine ses études de droit et rêve de devenir avocat. Des gens presque ordinaires… qui sont tous d’anciens détenus.

Dans le cadre de la campagne « Ils sont nous » de l’Observatoire international des prisons, ils ont raconté leur parcours à un écrivain : leur vie avant d’avoir affaire à la justice, ce moment où ils ont « basculé », leur découverte de la détention et la trace qu’elle a laissée.

Issus de ces rencontres, huit textes bruts en forme de portraits, d’instants de vie. Ils nous rapprochent de la vérité crue, celle de l’humain derrière le fait divers. Celle de familles qui se débattent et ne voient pas, de l’école qui oriente vers le décrochage, du quartier qui offre ses cursus parallèles, de la justice et de la prison qui assènent leurs coups. Touchés par ces rencontres, les écrivains (Nancy Huston, Pierre Lemaitre, Gérard Mordillat…) offrent des textes empreints de colère, de tristesse et d’émotion.

Ces témoignages bouleversants bousculent nos préjugés et posent la question de la mesure de la sanction et du sens de l’incarcération, qui abîme des vies déjà cabossées. Pour ces hommes et ces femmes, la prison a brisé quelque chose.

Deux séries de photographies de Philippe Castetbon mettant en parallèle les souvenirs d’avant la prison et la vie après encadrent les témoignages. Ces photographies mettent en lumière les séquelles (visibles ou non) de toute incarcération. Certains y ont laissé leur santé, d’autres leurs rêves d’avenir. Et tout le temps perdu, ce temps d’éloignement de la « vie réelle « , de la famille reste comme une boule dans le ventre, comme l’exprime Sylvie, qui en garde les séquelles dans ses « entrailles » : « Parce qu’on m’a enlevé mes enfants. Je n’ai pas vécu ces années avec eux. Et la douleur de leur absence est toujours là, dans mon ventre. »

L’écrivain Philippe Claudel le rappelle : « On oublie combien les êtres, qui pendant un moment plus ou moins long de leur existence sont incarcérés, nous ressemblent comme des frères, sont faits de la même matière que nous, n’ont rien de différent, de monstrueux, de sublime ni de singulier. »

Gaëlle L.

Pour aller plus loin :

Venez découvrir l’exposition Echappées bulles, présentée à la Bibliothèque André Malraux du 31 mars au 30 avril 2015 et une sélection de documents sur ce thème  > plus de détails

Découvrez le programme de Viv(r)e la culture en prison !  évènements organisés du 7 au 10 avril par la maison d’arrêt de Saint-Brieuc

Retrouvez sur ce thème les témoignages d’un ancien directeur de prison, de deux anciens prisonniers condamnés à de longues peines et d’un journaliste « infiltré » parmi les surveillants pénitentiaires > plus de détails

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