Coup de coeur roman

Yeruldelgger de Ian Manook (Albin Michel, 2013) > dispo ?

796751Le corps enfoui d’une enfant, découvert dans la steppe par des nomades mongols, réveille chez le commissaire Yeruldelgger le cauchemar de l’assassinat jamais élucidé de sa propre fille. Peu à peu, ce qui pourrait lier ces deux crimes avec d’autres plus atroces encore va l’obliger à affronter la terrible vérité. Il n’y a pas que les tombes qui soient sauvages en Mongolie. Pour lutter contre les puissances qui veulent s’accaparer son pays, Yeruldelgger va puiser ses forces dans les traditions héritées des guerriers de Gengis Khan, dans les techniques modernes d’investigation, et dans la force de ses poings. Parce qu’un homme qui a tout perdu ne peut rien perdre de plus. Il ne peut que tout reconquérir. Peu à peu, sans pitié ni pardon.

Au vu de la couverture, pas très attractive, et du titre, quasi imprononçable, difficile d’imaginer qu’on tient là un des meilleurs polars des dernières années ! Et pourtant, une fois passés ces barrages, la plongée dans l’univers de Ian Manook recèle de bien belles surprises.

D’abord, la découverte d’une contrée lointaine rarement évoquée dans la fiction et les médias : la Mongolie. Le choix de ce lieu permet à l’auteur de sortir des sentiers battus et de faire voyager ses lecteurs des steppes désertiques aux banlieues d’Oulan-Bator, évoquant en filigrane la confrontation des intérêts des grands groupes énergétiques et des traditions séculaires.

Seconde pépite, la richesse du personnage du commissaire Yeruldelgger, homme complexe, hanté par son passé mais forcé par les événements à interrompre sa descente aux enfers et à retrouver à la fois ses réflexes d’enquêteur et un semblant de relations avec ses semblables.

Enfin, on peut saluer la qualité de l’écriture et la construction magistrale du récit qui alterne des scènes terribles et des passages lyriques et poétiques lorsque le héros se replonge dans son enfance heureuse de nomade ou lorsqu’il contemple avec amour les paysages sauvages de son pays.

Un extrait pour se faire une idée :
temps_sauvage« Yeruldelgger eut soudain le sentiment étrange que le vieil homme n’était plus avec eux. Il était juste là, comme la steppe, comme les collines à l’horizon, les rochers épars et le vent qui les érodait depuis des millions d’années. Le petit vieux n’était plus un homme, c’était un roc. Plein. Dense. Solide. Chacun s’était arrêté et demeurait immobile dans l’attente de quelque chose, mais lui ne bougeait pas. Le temps semblait suspendu. Puis une brise les frôla, se glissa entre eux, chahuta les herbes bleues, et s’enfuit soudain dans un galop joyeux sur la steppe. Yeruldegger reçut comme un coup au cœur toute cette liberté de la plaine sauvage aux herbes irisées où couraient des chevaux fous. Quand il sentit la main du petit vieux sur sa manche, ce fut comme s’il tombait d’un rêve ».

Pour ceux qui ont lu et apprécié Yeruldelgger, une bonne nouvelle : le second opus de Ian Manook, Les temps sauvages vient de sortir et est déjà disponible dans vos bibliothèques.

Gaêlle L.

Quelques bonus pour aller plus loin :

> Histoire de rire un peu, voici 10 bonnes raisons de ne pas lire Yeruldelgger :

> Pour savoir qui se cache derrière le mystérieux pseudonyme d’Ian Manook, voir sa biographie

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