Coup de coeur BD

Blast de Manu Larcenet (Dargaud, 2009-2014) > dispos ?

Un homme seul, qui en pèse deux, est amené au commissariat. Ce qu’il a fait, pourquoi il est là, nous n’en savons rien. Au cours de sa garde à vue, Polza Mancinni, accepte de tout dire aux policiers. A condition que ceux-ci écoutent son histoire depuis le début : ainsi tout à commencé la nuit où son père est mort, lorsqu’il a connu son premier « blast », cette onde de choc qui l’a transformé à jamais.

Après avoir entrevu « la possibilité d’une vie exaltante », il décide de quitter femme et emploi (il est critique gastronomique), pour mener une vie d’errance, à la recherche de ce « blast » originel.

« Je pèse lourd et pourtant, parfois, je vole »

Il traine alors sa « grasse carcasse » de sous-bois, où il opère un retour à la nature et à l’animalité, en maisons isolées, qu’il squatte opportunément. Il tente vainement de reproduire les conditions du « blast », mais il ne suffit pas de mélanger vodka, médicaments et barres chocolatées Funky, pour que des images naïves aux couleurs éclatantes se superposent à la noirceur quotidienne.

Dans sa longue nuit noire hallucinée, entre deux visites des Moaï de l’île de Pâques et deux séjours à l’hôpital, il croise une faune interlope composée de clandestins, de marginaux et autres compagnons d’infortune tels St Jacky, avec qui il passe une nuit d’apocalypse sous un pont, ou encore Roland et sa fille Carole.

« Je mens… Je dis que je ne me souviens de rien »

Carole qui lui a fait entrevoir la possibilité de l’amour et dont il est question au début de l’interrogatoire…

Polza, esprit fin dans un corps lourd, prend tout son temps pour raconter sa version des faits, subjective et lacunaire. Il balade les inspecteurs (et les lecteurs), tout en distillant, ça et là, quelques informations utiles à l’enquête.

« Je pèse deux hommes… »

Un thriller à l’image de ce personnage, pesant et subtil, très noir et traversé de quelques respirations (de belles cases et planches naturalistes). Une plongée au cœur des ténèbres de l’âme humaine servie par un dessin semi-réaliste virtuose, en noir et blanc (où la couleur fait parfois des irruptions déchirantes et intrigantes).

Le chef d’œuvre sombre de Manu Larcenet : 800 pages, 5 ans de travail, des hectolitres d’encre (noire) et de sueur (froide).

Eric L.

Les bandes annonces (images, paroles et musique) sont signées Manu Larcenet (avec le concours de Magyd Cherfi pour celle du T.3)

 

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