Coup de coeur documentaire et cinéma

100 ans et plus de cinéma fantastique et de Science-Fiction de Jean-Pierre Andrevon (Rouge profond, 2013) > dispo ?

andrevon-jean-pierre-100-ans-et-plus-de-cinema-fantastique-et-de-science-fictionLe cinéma fantastique, dans son acceptation la plus large, est associé à l’apparition même de l’image animée, qu’il a très tôt sublimée par le génie d’un Georges Méliès ou des cinéastes expressionnistes allemands tels Fritz Lang et ses Nibelungen, Murnau et son Nosferatu, Wegener et le Golem. Dès sa naissance et jusqu’à avant-hier (l’ouvrage prenant en compte une partie de la production 2013 !) et en même temps qu’il se tournait vers le réel, le cinéma fantastique n’a en effet jamais cessé d’explorer les confins les plus obscurs, scabreux mais aussi parfois les plus lumineux de l’humanité, mettant en scène des ailleurs improbables ou des créatures impossibles comme autant de reflets des angoisses et des aspirations des sociétés explorées avec subtilité ou violence, selon les temps, les lieux et bien sûr les auteurs. Cette violence inhérente, mais plus ou moins visible, a souvent servi de prétexte aux censeurs et au mépris d’une certaine critique qui, particulièrement en France (comme le signale l’auteur), n’a jamais manqué d’infantiliser et de mépriser des œuvres supposément destinées à un simple divertissement au niveau des plus bas instincts.

Ce n’est donc pas la dernière des qualités de l’ouvrage de Jean-Pierre Andrevon que de mettre à plat, au fil de centaines de pages, l’ancienneté, la richesse et l’immense diversité de ce registre certes improbable mais pourtant universel, embrassant pour le meilleur (et parfois pour le pire, mais le pire existe partout) la puissante ménagerie des silhouettes terrifiantes et monstres de légende, vampires, zombies, serial killers et autres enfants maléfiques, mais aussi pizzas géantes tueuses d’homme, vers lubriques mangeurs de cerveaux, ours en peluche alcoolique ou extra-terrestre dépressif et mélomane : à travers des pépites oubliées et (malheureusement) trop souvent inédites, et des classiques plus ou moins reconnus, aucun registre ou sous-genre n’est ici oublié, l’auteur imposant par ailleurs une subjectivité assumée qui lui permet de mettre en valeur une érudition sans faille, construite au cours des décennies par une relation étroite avec les principaux acteurs (revues, exploitants, chercheurs…) ayant œuvré pour la reconnaissance du genre. Au passage, l’écrivain reconnu qu’est aussi Jean-Pierre Andrevon nous gratifie d’une plume limpide et élégante, traitant chaque notice avec la même rigueur. Pour une somme sans équivalent et qui fera date.

Arnaud.

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